ici et maintenant mars 2007

 

SOS. Le monde est en mal d'être. On nous propose: de la vitesse, de l'avoir, de l'atteindre, d'être plus loin, d'être ailleurs, d'essayer d'être plus. Alors on tente de remplir le vide qui se creuse, on s'accroche à toutes les images du corps. Mais l'image est un miroir trompeur et nous éloigne davantage encore de la présence à soi. C'est un pays ensorcelé, plus on remplit plus on se vide. "Mange moi" dit le gâteau d'Alice, et elle enfle et elle rétrécit et elle tombe, tombe, tombe.
Alors c'est très simple et si éloigné du mouvement général : être ici et maintenant, ne rien vouloir d'autre, ne pas être ailleurs d'avance et nulle part tout le temps, respirer au rythme de ces cellules et de la pulsation joyeuse du sang, sentir le poids des liquides du corps bouger avec le gravité, s'étirer, manger plus lentement, laisser les autres s'énerver sans nous, ne vouloir convaincre personne, appeler un ami juste pour l'embrasser, se dire que rien n'est plus parfait que cet instant, dans sa simplicité même. Imaginer tout ce qu'il a fallu de conditions pour qu'il ait lieu...  il aura fallu pour cela, un nombre infini de causes passées.
Je peux souhaiter des choses pour l'avenir mais ne peux rien souhaiter d'autre pour maintenant que ce qui est. Alors je m'amuse à suivre les fils qui m’ont mené à tout ce qui m'entoure à cette seconde... et je ne veux rien.

retourtextes.html