Chorégraphes associés lors de la création du syndicat. 2005

 

Aujourd'hui, alors que le repli identitaire semble s'intensifier, qu'il soit religieux, culturel ou géographique, j'éprouve une vive nécessité de décloisonnement. Sur le territoire de danses sur lequel j'évolue, on peut être de religion classique, de nationalité contemporaine, de naissance baroque, d'appartenance pluridisciplinaire, de langue hip-hop ou jazz... Chacun, face à la difficulté dans laquelle il se trouve et le peu dont il dispose pour créer se retire dans ses quartiers. Les chorégraphes, souvent sans parole, disent avec le corps: un corps tantôt social, tantôt intime, sensible ou organique. Nous pouvons nous assembler pour élaborer une parole commune qui permette d'ouvrir un espace de plus grande visibilité et de plus grande liberté pour la danse et ses auteurs. Seul, on ne peut pas grand chose. Je pense à cette phrase de Fernando Pessoa:

"Au bord de moi-même, je m'arrête et je me penche".


Je me penche.. et les jours où je ne cède pas au vertige, je m'articule et participe aussi d'un corps collectif.

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