le multiple, le simultané, le déstructuré

 

notes à propos de « la femme squelette », création 2005. lundi 7 février 2005.


Les temps, les âges se superposent. j’ai l’impression d’avoir à la fois quatre ans, trente ans et cent...

Cette simultanéité de la sensation s’étend également à ma perception du monde: Les événements passés coexistent, enchevêtrés, avec ceux en devenir et le présent est la vibration de cette conjugaison. L’ état d’être est cette simultanéité vécue dans le corps. La multiplicité concerne aussi les événements: des choses, sans lien visible, coexistent. De l’intime on passe à la multitude et inversement.

Le choix du metteur en scène peut être d’isoler un des éléments de ce tissu complexe et mouvant, de mettre en lumière une chose ou une succession de choses particulières.

En l’occurrence, mon choix est de parler de cette multiplicité même, d’interpréter l’association des espaces pour mettre le spectateur dans la position d’avoir à faire des choix de regard. De même que dans la vie on ne peut tout vivre, dans “la femme squelette” j’aimerais qu’on ne puisse tout voir. Je trouve cette idée enthousiasmante.

L’interaction s’étend également aux moyens mixés que j’emploie. Je cherche à tisser une étoffe émotive et vivante au sein de laquelle différents éléments s’imbriquent et se contaminent dans une déstructuration apparente. les systèmes de référence s’émoussent. Plus seulement question d’épurer ou de clarifier mais de conjoindre et de faire se fondre les frontières entre elles. 


La pulsation, la matière, le vivant, ne sont ni lisses ni explicites. Ils se ressentent de façon mystérieuse et mêlée. J’ai exploré un univers indistinct et aquatique, une matrice charnelle dans laquelle la vie et la mort me semblaient accouplées. La parole, dans ce contexte, est poétique et plus digressive encore.

Je suis, je serai, j’ai été. Nous sommes, nous serons, nous avons été. Tout cela est simultané.

Qu’est-ce que le présent? N’a t’il pas trente-six espaces et trente-six temps?


N.V.G

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