le Corps Collectif

Le Corps collectif, Partition ouverte Juin 2012. Photo Mathieu Prévot.
Le Corps collectif, Partition ouverte Juin 2012. Photo Mathieu Prévot.

Un laboratoire de recherche et de création

Le Corps Collectif : Margaux Amoros, Jeanne Alechinsky, Isabelle Chemin, Stéphanie Dufour, Véronique Dréau, Christophe Gaussent, Gael Giraud, Lucas Hérault, Arthur Navellou, David di Paolo, Damien dos Santos, David Sire, Nadia Vadori Gauthier. 

direction des recherches : Nadia Vadori-Gauthier.

Pour citer cet article : 
© Nadia Vadori-Gauthier, Du Mouvant, processus de création individuelle et collective d'images et de formes vivantes, 2014.

 

Le Corps collectif est un groupe de performance et un laboratoire artistique dont je dirige les recherches. J’ai formé ses membres à la pratique somatique et à l’exploration en mouvement. Il est composé de treize chercheurs-performeurs dont la moitié sont artistes du spectacle vivant et les autres ont des professions diverses. En juin 2010, après cinq années d’existence sous forme d’atelier, le collectif s’est constitué en association. Ce groupe se définit avant tout comme un laboratoire, c’est-à-dire à la fois un territoire d’expérimentation, un foyer d’individuation et un agencement qui permet de tester les effets que des concepts produisent sur la pratique, et inversement, de voir en quoi la pratique transforme les concepts. Ce qui fonde son fonctionnement, n’est pas principalement le projet de production d’un objet artistique, comme c’est le cas pour de nombreuses compagnies de spectacle vivant, mais le goût de la recherche et de l’expérimentation collectives. Il ne s’agit pas de monter une pièce ou de créer un spectacle chorégraphique, mais d’activer de nouveaux modes d’expression et de façons de produire un art qui soit connecté à la vie. Les résultats obtenus (nouvelles orientations du travail, performances publiques et films), sont le fruit des investigations menées en temps réel. Ils obéissent à une nécessité intérieure et non à un calendrier extérieur de production. Cette donnée est fondamentale, car elle permet au travail de création d’être toujours dans son mouvement intrinsèque, sans avoir à anticiper sur l’avenir, ou à reproduire le passé. Le flux est actuel. Il s’agit de vivre le mouvement et d’habiter ses transitions perpétuelles, de produire et d’alimenter un processus et non de produire une forme.

 

J’ai été amenée progressivement à intégrer au sein du collectif mes questionnements artistiques les plus intenses, ceux qui relevaient pour moi de la nécessité. Suite à une décision que j’ai prise en juillet 2010 d’associer directement à mes recherches cet « agencement collectif d’énonciation », pour reprendre une expression de Guattari, le Corps collectif est devenu le creuset de mes investigations théoriques et pratiques. Je l’abreuve de mes questionnements et je m’y expérimente avec les autres. En conséquence de quoi, bien que j’ai contribué à créer ce groupe, je peux dire que ce groupe a contribué, et continue de contribuer, à me créer en retour. En effet, mes avancées, tant personnelles que collectives, sont en partie générées par ce catalyseur. Le Corps collectif est le plan de consistance, au sens deleuzien, de mes recherches. Il est à la fois le lieu de l’actualisation des puissances (s’actualisant lui-même), et celui de leur virtualisation, c’est-à-dire un foyer à partir de laquelle s’élabore la pensée. Ce n’est pas un groupe au sens clos, mais un rhizome dont chacun des éléments investit ses propres territoires, tout en maintenant avec les autres une connexion intensive. Mais le modèle deleuzo-guatarrien du rhizome ne rend compte que d’un aspect du fonctionnement du collectif. Car sur un certain plan, il n’y a même plus de réseau ni de connexions entre hétérogènes, mais simplement une symphonie de résonances imperceptibles. L’horizon éthique du collectif est de produire un art qui puisse offrir à l’expérience collective les fruits de ses investigations sensibles. La recherche se nourrit de pratiques corporelles, méditatives et somatiques (danse, yoga, Body-Mind Centering, Mouvement authentique) qui nous permettent de développer une fluidité du corps et la nature cellulaire de notre rapport au monde. Le corps n’est pas vécu comme une forme (organisme) mais comme un processus, un flux (soma). C’est un corps poétique ouvert, poreux, toujours en devenir, qui accueille les différences et n’unifie rien. Nous explorons principalement la nature fluide du réel. Ceci implique l’acquisition progressive d’une perception élargie qui permette d’en faire l’expérience. Par extension, cela mène à vivre la qualité vibratoire et fluide de la matière, des corps et du monde, à entrer en résonance avec les lieux et les choses.

La question de la représentation, parce qu’elle est un des fondements de nos sociétés, est également au cœur de nos recherches. Le Corps collectif est à la fois le vecteur et la résultante d’une trajectoire humaine et artistique, faite de différences intensives et du désir partagé de faire un art qui se tisse des métamorphoses continuelles du vivant.

Ainsi, ce laboratoire s’expérimente et cherche de nouvelles modalités sensibles pour habiter le monde, au travers de l’expérience de l’art. Nous travaillons en studio de danse, toutes les semaines. À ces temps de pratique et de recherche hebdomadaires, s’ajoutent des Laboratoires ouverts au public ainsi que des temps annuels de résidence de création. Lors des Laboratoires ouverts, nous articulons nos propositions en dialogue avec un groupe de spectateurs-partenaires qui nous permettent de penser de façon effective la relation au public. Les résidences de création, quant à elles, sont des périodes au cours desquelles nous nous immergeons de façon intensive dans nos processus poïétiques, ceci afin de développer nos axes et matériaux de recherche. De ce laboratoire résultent des performances ou plutôt des propositions de recherche en acte, qui mettent en œuvre les résultats à la fois théoriques et pratiques de nos investigations. Dans cette perspective, j’ai mis au point avec le Corps collectif deux types de performances : La Meute et les Partitions Ouvertes. Ces événements peuvent se déployer dans n’importe quel lieu, en dehors de la frontalité d’une scène traditionnelle. Ils oscillent entre spectacle et rituel. Sur cette frange, ils créent un milieu vibratoire, mobile, immanent, au sein duquel le spectateur est accueilli comme témoin et partenaire. Par-dessus tout, le Corps collectif souhaite se maintenir dans un mouvement qui alimente sa possibilité d’action et son désir. C’est un désir au sens deleuzien : association, altérité, conjonctions... Il s’augmente, en acte, d’intensité, de poésie, d’affect, d’expérimentation. Le Corps collectif œuvre comme un processus d’individuation collective, un vecteur transversal, qui cherche à connecter entre elles différentes strates sensibles de l’art, de la pensée, du corps, de la perception, des territoires qu’il traverse, des agencements sociaux. Il porte des questionnements sur les relations qu’il entretient avec le monde. Cet aspect entre pour moi en accord avec la vision et les propositions de Guattari dans Chaosmose. En effet, les moyens à mettre en œuvre et les propositions d’agencements micropolitiques de proximité faites par le philosophe dans son dernier ouvrage correspondent au type de fonctionnement du laboratoire : 

À partir d’entreprises fragmentaires, d’initiatives quelquefois précaires, d’expérimentations tâtonnantes, de nouveaux agencements collectifs d’énonciation commencent à se chercher ; d’autres façons de voir et de faire le monde, d’autres façons d’être et de mettre à jour des modalités d’être viendront à s’ouvrir et à s’irriguer, s’enrichir les unes les autres. Il s’agit moins d’accéder à des sphères cognitives inédites que d’appréhender et de créer sur des modes pathiques, des virtualités existentielles mutantes.

Ces virtualités mutantes permettent des individuations personnelles et collectives qui déplacent les pratiques sociales et politiques vers une façon différente d’envisager le rapport aux autres et au monde. Il s’agit donc de penser davantage en termes de processus créateur commun que d’objectivation des données.

Le travail du collectif intègre les différentes notions et concepts, tant théoriques que pratiques. Des axes ou thématiques de recherche se sont déterminés au fil du temps : respiration cellulaire, vibration, fluidité des corps et des formes, primauté du mouvant, devenir intense, travail basé sur la sensation, conscience somatique, nuancier de regards, corps sans organes versus régime de visagéité, relation, circulation entre espace internes et externes, matériel/immatériel…


Axes de recherche

 Respiration cellulaire

Tout d’abord, la pratique se base sur une immersion sensible, favorisée par l’embodiment d’une base fluide et d’une qualité cellulaire. Cette qualité particulière procure un sentiment de confort, d’accueil de soi comme de l’autre. Il n’y a pas de véritable cohabitation possible entre une qualité « cellulaire » consciente et l’agitation du mental. La qualité cellulaire de la respiration induit un silence et une écoute qui se situe au niveau tissulaire et vibratoire, en deçà du système nerveux. Elle est en résonance avec l’ensemble du vivant. 

 

Vibration

Cet aspect de la recherche est l’ouverture de la perception à un champ de forces, celui des oscillations de la matière. Cela implique une certaine façon d’entrer en relation et en résonance avec les personnes, les espaces, l’environnement, les matériaux. La perception se base non pas sur leur forme ou leur identité, mais sur une certaine qualité sensible qui ne s’arrête pas aux contours définis des corps et des objets. La qualité vibratoire se perçoit à partir de la résonance cellulaire. Ce n’est pas une dimension imaginaire ou virtuelle, mais une expérience directe du réel et de la matière.

 

Fluidité des corps et des formes, primauté du mouvant

Cette dynamique implique que le corps est vécu comme un processus et que les formes que nous générons sont toujours transitoires, en devenir continuel. Il n’y a pas de fixité ou de finalité dans nos processus esthétiques. Il s’agit avant toute chose d’investir sa sensation propre et de vivre le mouvement. Cette fluidité influence également la façon dont nous appréhendons la notion d’image. Il s’agit davantage de laisser apparaître ou de donner à lire en transparence une image qui se fait et se défait sans cesse, plutôt que de montrer ou de faire-image. Il n’y a plus de représentation, mais une émergence.

 

Devenir-intense

Le devenir intense implique une intention d’intensité. Nous travaillons avec un corps d’affects (spinoziste) et nous veillons à investir des degrés de puissance. Cela passe au minimum par une immersion sensible et la perception élargie qui en découle. Ensuite, nous cherchons davantage les variations de vitesses et de lenteurs, les modulations entre sensation et émotions, que la forme.

 

Travail basé sur la sensation

Les sens et perceptions sont particulièrement différenciés et engagés. Cela entraîne un état de porosité, de réception. Les corps deviennent une émulsion sensible, un révélateur à la surface duquel apparaissent des mondes, des forces, des affects. 

 

Conscience somatique 

Cette base de notre travail découle de l’embodiment cellulaire, ainsi que de celui de différents systèmes anatomiques dans le mouvement. Le soma est vécu comme un processus vivant en relation à son environnement.

 

Nuancier de regards

Dans le travail que nous menons à partir des sens et perceptions, nous nous soustrayons à la prédominance de la vision en développant les sens premiers, ainsi que les autres sens (ouïe, goût, odorat). Puis, en suivant un gamme des onze regards que j’ai élaborée, nous réinvestissons la vue selon différentes modalités à partir d’une base somatique fluide et tactile. Le regard peut alors non plus fixer ou pétrifier, mais accueillir et servir d’ancre, mettant en relation la surface visible des choses avec le fond fluide et des sensations et de la vibration de la matière.

 

Corps sans organes et devenirs versus régime de visagéité

Par la sensation et le mouvement, nous investissons le corps. L’impression, comme l’expression, passent de façon fluide d’une qualité à une autre, d’un territoire somatique à un autre. Dans nos danses, le visage n’est pas un lieu privilégié de l’expression. Il n’est pas une petite scène posée au sommet du corps et sur laquelle se jouent et s’interprètent des significations. La tête fait partie intégrante du corps et comme lui, tour à tour, elle initie le mouvement, suit le mouvement, est traversée par un mouvement. Nous n’investissons pas un régime de visagéité, d’identité, de sens préexistant à communiquer. Nous ne faisons pas théâtre, au sens de représentation. Nous machinons. Guattari fait une distinction entre ces deux modèles : le théâtre et la machine. Lorsqu’on machine, le sens est produit au fur et à mesure de l’expression, il est créé. Il se tisse de parts inconscientes, poétiques, assignifiantes.

 

Relation

Nous établissons des connexions entre les êtres et les choses. Pour cela, nous investissons un champ non verbal, kinesthésique, un champ perceptif, intuitif, vibratoire et conscient, qui précède la détermination d’une forme. Nous proposons d’autres modes de relation que ceux dont nous avons l’habitude d’user en société. Comme il n’y a pas de paroles pour initier une rencontre, il faut inventer autre chose. Nous passons outre les protocoles d’usage, ce qui a pour effet de créer un plan horizontal au sein duquel la relation est non hiérarchisée. Le plan vertical est volontairement ignoré ou contourné. Cela permet de créer un lien humain immédiat qui n’est pas basé sur la position sociale, l’âge ou le sexe. Les attributs identitaires deviennent invisibles. Nous agissons par résonance vibratoire, par affect. Nous tentons d’apprivoiser la peur, celle qui engendre la séparation et le jugement. Nous soutenons l’émergence de ce qui unit les participants : leur qualité d’humain, de vivant, leur état de nature, leur corps. Se crée ainsi la possibilité d’une autre forme de relation, qui n’est pas une relation sociale, mais une relation poétique, sensible. Nos performances sont relationnelles. La nature de la relation qu’elles génèrent n’est pas de s’établir entre deux termes lui préexistant : un corps de performeur et un corps de spectateur. Elle ne s’établit pas entre deux individus définis, comme une relation sociale. Pour Simondon, ce ne sont pas les termes qui créent la relation, c’est au contraire le processus relationnel qui individue les termes. Cela revient à dire que chacun est créé par la relation. La relation est alors ontologique, elle a valeur d’être. Ce regard porté sur la nature de l’intervalle correspond à notre processus. C’est la relation qui œuvre. Elle émane d’une part irrésolue en nous et engage un processus de devenir. Ceci entre également pour moi en résonance avec le travail de l’artiste Brésilienne Lygia Clark qui inspire mes recherches. Pour elle, l’œuvre était l’expérience vécue par chacun, ainsi que la relation qui s’établissait entre les participants, les objets, le milieu. L’œuvre, c’est la relation. L’œuvre du Corps collectif est de cette nature. C’est une œuvre immatérielle et corporelle.

 

Circulations entre espace internes et externes

Dans l’expression en mouvement, des espaces sensibles, kinesthésiques, proprioceptifs, s’agencent à l’espace visible. Nous composons par synthèse disjonctive entre : 1. des éléments hétérogènes de la durée, 2. un régime de visibilité partageable. Les images de sensations internes ou d’émotions, se font et se défont sur le seuil de l’épiderme. On laisse monter le fond pour qu’il devienne surface mobile, sans cesse déjouée, rejouée, dansant ses métamorphoses. Ces jeux de circulation intérieur-extérieur passent en partie par le regard et l’acquisition d’une technique, c’est-à-dire d’une aptitude à faire l’image ou à composer la forme. Cette technique côté face, se double d’une aiesthesis côté pile, c’est-à-dire d’une puissance de la défaire. Cette circulation entre intérieurs et extérieurs est continue. 

 

Matériel/immatériel

Le corps comporte à la fois des parts matérielles (organisme) et immatérielles (corps sans organes). Tout en investissant dans la danse une anatomie et une physiologie actuelles, ayant des qualités, des rythmes, des modalités expressives, nous nous connectons à un champ qui excède largement le corps physique et qui comporte des dimensions actuelles de perception directe, et des dimensions virtuelles d’imaginaire et de mémoire. Aux trois dimensions de l’espace physique, nous ajoutons une quatrième dimension, puis n dimensions du temps. Le réel s’augmente ainsi d’une qualité volumétrique qui déborde les contours définis des choses. L’espace et le temps deviennent un tout mouvant.

 

Le processus du Corps collectif n’implique pas uniquement les artistes qui le composent. Il est en dialogue continu avec le milieu qu’il génère, les lieux de programmation et le public. Il n’est donc pas possible dans ce contexte d’envisager de proposer une forme fixe, aboutie ou déterminée, à laquelle il ne manquerait rien. Aucune de nos propositions n’existe en dehors de l’espace-temps dans lequel elle a lieu, ni des personnes avec lesquelles elle dialogue. L’écriture des actions reste ouverte afin de ménager une place à la succession des instants, ainsi qu’à l’agencement artiste-lieu-public qui se crée en direct et qu’il est impossible de connaître à l’avance. Il ne s’agit donc aucunement de présenter, d’exposer ou de représenter et, qui plus est, d’en attendre un jugement positif ou négatif. Il n’y a rien à évaluer, seulement quelque chose à vivre. Seules comptent les expériences singulières et la pluralité des témoignages personnels. Il s’agit plutôt d’inviter des personnes à partager un agencement d’espace-temps, au sein duquel les corps n’ont pas anticipé ce qu’ils allaient vivre. Nous passons la plus grande part de notre temps à expérimenter un matériau qualitatif et des modes qui ne sont pas directement « utiles » en termes d’efficacité scénique. Nous ne cherchons pas dans l’objectif de faire. Parfois, nous nous attachons même à ne pas faire, à défaire, ou à non-faire. Nous tentons d’épouser le vide et d’habiter les intervalles. Nous veillons particulièrement à ne pas nous hâter de remplir la « page blanche ». Nous apprenons à aimer le silence, l’espace. Nous investissons des qualités de corps et des états méditatifs spécifiques, afin de travailler avec nos parts inconnues, informulées ou inconscientes, et de les intégrer dans nos danses. Nous passons également du temps, une fois par an, en immersion dans la nature. Lors de ces retraites, nous faisons des performances sans public ou sans caméra, desquelles il ne reste aucune trace tangible. Ces actions constituent un réservoir qualitatif-intense qui recèle des possibilités en cours de bourgeonnement. Ce n’est que lors des dernières séances de travail avant une performance publique, que nous déterminons ce que nous allons faire. Auparavant, tout reste ouvert. Au moment venu, nous écrivons une trajectoire de Meute ou une partition, mais le plus important (la vie, le mouvement, l’espace, le silence, la magie, le réel des corps), n’est pas écrit. L’écriture d’une partition est rigoureuse. Elle pourvoit une trame ou une structure qui garantissent une cohérence. Mais elle n’est qu’une part de ce qui aura lieu. Si nous ne faisions qu’exécuter le mieux possible ce qui est écrit, il ne se passerait pas grand chose. L’essentiel de nos recherches concerne une part intangible qui s’additionne à l’action et qui se crée en direct, dans la relation qui s’initie avec l’espace, le lieu, les personnes. L’œuvre sourd dans les interstices de l’écriture ou de la trajectoire définie. C’est un long travail de savoir convoquer ce matériau incorporel né des corps-mêmes. L’ embodiment collectif résulte en effet d’années de pratique et de mise en commun des expériences. Au moment des performances publiques, nous puisons dans le réservoir de la recherche pour irriguer le champ de l’événement et des relations qu’il met en œuvre.


Pour citer cet article : 
© Nadia Vadori-Gauthier, Du Mouvant, processus de création individuelle et collective d'images et de formes vivantes, 2014.