Pièces

Nadia Vadori-Gauthier développe un travail de composition instantanée qui lui permet d'adapter ses propositions aux espaces et aux circonstances. Elle compose ses propositions selon une méthode de partition. La performance peut être écrite (pièce) ou composée dans l'instant à partir de paramètres pré-déterminés ( performance). Elle engage une relation au lieu et au public.

 

Sa pratique de danse inclut un travail avec la sensation, l’émotion et l’inconscient, ainsi qu’avec une dimension vibratoire-énergétique qui l’engage à investir des états de perception modifiés. La danse entre en résonance avec différents lieux, leurs empreintes temporelles, énergétiques ou émotionnelles. Elle s'agence aux espaces, un dialogue s’instaure. Le corps dansant se fait le révélateur de l’endroit où il se trouve, comme un sismographe qui tracerait en temps réel les informations qu’il reçoit (images, impressions, sensations...). Ainsi, il s'agit à la fois de danser et  d'être dansé par les lieux et les circonstances. La danse devient la manifestation du lien entre le corps vivant et son environnement. Loin de toute narration ou explication linéaire, elle capte et de révèle les énergies d’un lieu sans chercher à leur donner une signification, afin de rendre visible ce qui n’apparaît pas toujours à la perception ordinaire.

 

Il nous faudra beaucoup d'amour

Pièce de danse adaptable au musée.

Chorégraphe : Nadia Vadori-Gauthier

Pour 3 danseurs, des œuvres et des spectateurs 

Création : MAM, Musée d’Art Moderne de Paris, Festival Faits d’hiver 2023

Coproduction : MAM, micadanses

Accueil en résidence : micadanses, Paris 

 

« Dans les musées, les œuvres sont vivantes, leur langue nous connecte à l’invisible. Elle témoigne de sensations éprouvées, qui continuent d’agir par l’agencement des matériaux, des formes et des couleurs. Nous dansons sur leurs sons silencieux. La danse s’initie dans le vide vibratoire, espace quantique où la genèse des œuvres continue de s’actualiser au présent. Il nous faudra beaucoup d’amour pour entrelacer l’ombre et la lumière dans le ciel rose du soir qui tombe. Il nous faudra convoquer des joies alchimiques pour battre le temps incandescent. L’art nous connecte à une pensée vivante, il ne cesse de nous porter vers l’avenir. Les œuvres sont les portes d’un cosmos où la pensée est matérielle et la matière spirituelle ; un cosmos au sein duquel nous aurons toujours la promesse de vivre. ».

Nadia Vadori-Gauthier, décembre 2021 

 

Séance de repérages dans les collections permanentes de MAM de Paris. Avec Margaux Amoros, Anna Carraud, Liam Warren et Nadia Vadori-Gauthier, mars 2022.

La Pièce

 

Dans le contexte d’ Une minute de danse par jour, acte quotidien de résistance poétique, je danse depuis plus de sept ans auprès des œuvres dans divers espaces muséaux : Musée d’Art Moderne de Paris, Centre Pompidou, Musée du Louvre, MNAAG-Guimet, Musée du Luxembourg, Palais de Tokyo, Musée des Beaux-Arts de Tours, RMN Grand Palais, Cité de L’architecture et du Design, Musée de l’Homme, Musée Delacroix, Maison Victor Hugo, Musée des Arts et Métiers, Musée Carnavalet, Maison de la Photographie, Maison Blanche Le Corbusier, Musée Bourdelle, LAAC Dunkerque, Musée Zadkine, Museon Arlaten, Arles, Musée de l’Arles Antique... j’ ai par ailleurs réalisé des parcours dansés et des performances collectives au Musée du Quai Branly, au Palais de Tokyo et au Musée des Moulages de Lyon.

L’expérience de canaliser et d’exprimer par la danse des informations émanant des toiles, donne un accès inédit à une expérience de l’art. Cette expérience peut jouer un rôle de médiation entre l’œuvre et sa réception. La connaissance intuitive et singulière qu’elle entraîne est une donnée esthétique à part entière qui peut se partager avec des publics et s’articuler aux textes théoriques et scientifiques d’analyse des œuvres.  

 

Aujourd’hui, je souhaite partager les trésors que m’a apporté ce compagnonnage silencieux avec les tableaux, les sculptures, dans les salles désertes lors des horaires de fermeture. Après quelques années hors des scènes, je reviens à un projet de création et compose un opus pour trois danseurs, des œuvres et des spectateurs, à partir d’un dialogue avec les œuvres picturales. Par la méthode de danse Corps sismographe; élaborée au fil de ma pratique, la danse fait signe de dimensions multiples et simultanées du réel, interconnectant intériorité et extériorité, visible et invisible, passé, présent et futur. J’ai choisi trois danseurs, deux femmes et un homme, qui ont des qualités de danse et d’intériorité et qui savent se connecter à des champs qui débordent la perception ordinaire. Margaux Amoros et Anna Carraud sont déjà formées à des éléments de cette pratique. Elles ont, avec moi, une expérience de composition instantanée et de danse dans la nature, en résonance cellulaire et moléculaire aux éléments naturels. Liam Warren est venu danser à plusieurs reprises avec moi, au musée, dans le cadre de mes « minutes de danse ». J’ai pu constater sa subtilité et sa force de connexion instantanée à divers contextes subtils. Ce sont trois artistes, sont trois interprètes capables « d’alchimie », pouvant traduire l’invisible en visible et de transmuter, par leurs danses, l’ombre en or. Cette fois, je ne danse pas. Je transmets, je partage, je compose. J’ouvre pour d’autres, des chemins que j’ai défrichés seule, et cette perspective m’emplit de joie.

Je compose une première édition de cette pièce pour le MAM, qui m’a si souvent ouvert ses portes. La pièce est transposable dans tout autre musée ou des œuvres sont exposées.

 Nadia Vadori-Gauthier

 Séance de repérages dans les collections permanentes de MAM de Paris. Avec Margaux Amoros, Anna Carraud, Liam Warren et Nadia Vadori-Gauthier, mars 2022.

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Mémoires partagées des 800 derniers jours

Création 2017. Solo chorégraphique interactif. Durée 1 h.

Le chiffre sur le titre est à indexer sur le nombre de jours dansés ( ex : 2600 en mars 2022)

Solo chorégraphique interactif, dansé à partir des mémoires croisées du public et de celle des minutes de danse Nadia Vadori-Gauthier propose aux spectateurs qui le souhaitent de donner, en direct, une date postérieure au 14 janvier 2015 qui a été marquante pour eux, et de dire brièvement en quoi. Cette date personnelle peut être énoncée à voix haute ou notée sur un papier et tirée au sort. La photo de la minute de danse du jour en question est alors projetée directement sur le plateau. Nadia Vadori-Gauthier danse sa mémoire de ce jour-là, intégrant la mémoire énoncée par le spectateur. Le processus se répète plusieurs fois. Le public partage ainsi ses mémoires qui sont redansées en direct. Les témoignages des spectateurs, couplés à ces des minutes de danse, comme des photos de famille, forment un entrelacs de mémoire collective.

 

 

Mille et un jours

Création 2017. Solo chorégraphique. Durée 50 mn.

Création le 13 et 14 octobre 2017 au CDCN Atelier de Paris

 

Dans ce solo créé à l’occasion de la mille et unième danse, la danse sur le plateau se compose à partir d’empreintes mémorielles du corps sismographe de la chorégraphe qui a tracé chaque jour, en temps réel, les relations qui l’agencent aux autres et à l’environnement. L’écriture chorégraphique se tisse d’une relation continue au monde. Elle habite les interstices de l’époque de transformation que nous traversons et en donne un point de vue qui mêle l’intime au collectif. La danse témoigne  et réactive la mémoire de mille et un jours successifs de danses ; mémoire faite d’apparitions, de persistances et d’effacements.